Une conduite du rucher en conformité avec mes engagements
Je ne prend aucunes ressources aux abeilles, ni miel, ni pollen au contraire je leur apporte des soins et de la nourriture. Le but étant de les rendre les plus heureuses possibles afin de les encourager à se développer.
Par conviction, respectant le principe d’Ahimsa, « qui respecte la vie », j’essaye d’être le moins invasif possible lors de mes visites, et veille à préserver la vie de chaque abeille dans la mesure du possible à chaque ouverture de ruche.
D’ailleurs, je ne considère pas les colonies d’abeilles comme une propriété matérielle à exploiter, les abeilles sont très intelligentes et j’entre dans une relation de partenariat, de communication avec elles lors de chaque visites.
Les reines ne sont pas clippées, et quelques essaims arrivent toujours à « s’évader des ruchers». Pour moi cela fait partie du jeu et j’aime à imaginer ces essaims reprendre leur liberté. Les vielles reines ne sont pas tués comme il est d’usage mais mises de coté avec une petite population d’abeilles dans l’attente d’un remplacement naturel. Je n’utilise pas de couveuse, chaque reine naît naturellement dans une colonie orpheline.
Respectueux du bien être de l’abeille, l’alimentation distribuée est de qualité, adapté à leur physiologie, bio quand c’est possible. Je choisis le traitement acaricide le moins perturbant pour les colonies et le plus efficace.
Enfin, la vente d’essaims n’étant pas une fin en soit, elle n’existe qu’uniquement dans le but de continuer à exercer mon activité auprès des abeilles, la richesse matérielle et la course en avant n’étant ni souhaitée, ni recherchée.
" Se mettre à la hauteur des petites choses,
c'est se grandir "
La sélection génétique du cheptel
∴ Les colonies bâtisseuses de cadres
Aucune sélection n’est faite sur ces colonies, la prolifération des mâles est réduite mais pas inexistante.
Ces colonies participent à la diversité ou variance génétique de l’ensemble du cheptel et évitent la consanguinité. Elles sont composées d’essaims sauvages cueillis et de divisions provenant de celles-ci.
∴ Les colonies reproductrices
Au nombre d’environ soixante-dix, ce sont des colonies qui sont sélectionnées et réparties sur l’ensemble de mes ruchers. Mes ruchers étant tous géographiquement situés à porté et entourant mon rucher de fécondation.
Les colonies reproductrices disposent toutes d’un “cadre à faux bourdon” afin d’avoir le maximum de reproducteurs de qualité dans la zone de fécondation et donc de saturer l’environnement pour que les reines vierges soient fécondées par le maximum de mâles sélectionnés issus de mes ruches.
Cette méthode de sélection génétique des mâles reproducteurs est dite de “saturation de zone”.
Les colonies reproductrices sont sélectionnées sur trois critères, celles qui n’y répondent pas sont écartés, l’ordre de sélection est le suivant :
La douceur
Parce que l’apiculture doit rester une activité conviviale dans le respect des abeilles et l’empathie, il est primordial d’avoir des abeilles douces, communicatives et faciles à travailler. Avoir des colonies douces est une vraie mesure de sécurité lorsque l’on visite les colonies avec des enfants ou que les ruchers sont près de domiciles ou d’autres animaux.
Par ce premier critère de sélection, deux autres sont faits automatiquement car liés intrinsèquement : la tenue au cadre et l’acceptation des greffes. En effet une colonie douce tient et se comporte bien sur les cadres. Elle accepte plus facilement l’introduction de reines ou de cellules royales étrangères.
L'essaimage
Parce que l’apiculture est aussi une activité de récolte, il est important d’avoir des colonies qui n’essaiment pas dès que possible sans quoi cette récolte serait compromise. En effet une colonie qui essaime ne produira pas ou très peu dans l’année.
Personnellement je possède un grand nombre de colonies et la période d’essaimage est simultanée. Avoir des colonies qui restent dans les ruches le plus longtemps possible est un avantage conséquent.
Ne pas devoir chercher les essaims dans les arbres à tout bout de champs est une économie non négligeable de stress et de travail supplémentaire. L’apiculteur de loisir qui ne peu pas se rendre régulièrement sur ses ruches appréciera ce critère de sélection.
La ponte
La récolte des provision de l’abeille est directement liée au nombre d’individus pouvant aller chercher ces denrées. Avoir des abeilles prolifiques est indispensable dans la bonne gestion d’un rucher sain et durable. D'autre part, plus une colonie est prolifique et populeuse, plus elle est apte à résister aux agressions sur sa population en compensant les pertes par une ponte efficace.
Cependant, elles demandent un soin particulier et doivent êtres surveillées concernant l’infestation de parasites comme le Varroa destructor.
Ces colonies productives doivent aussi êtres surveillés plus assidûment sur les provisions laissés à disposition des abeilles, en effet une forte population récoltera plus mais aura plus de besoins alimentaires. Elles sont toujours les premières à souffrir de la famine.
∴ Les colonies souches ou “mères”
Je dispose de quelques colonies souches sur lesquelles sont fait les greffages de larves à destination de devenir de nouvelles reines. Ces colonies ont une sélection encore plus poussée que les ruches reproductrices.
Les trois critères primordiaux que sont la douceur, l’essaimage, et la ponte forment toujours la base de la sélection mais ce rajoutent un critère de sélection supplémentaires à savoir l’hygiène de la colonie. Deux tests sont effectués sur les colonies à vocation de souche, tests dit “de nettoyage” et un test de comptage varroa est fait :
Le premier test consiste à examiner les plateaux des ruches sélectionnés pour voir la quantité de “déchets laissés” et l’hygiène globale de la colonie. Le deuxième test de nettoyage consiste à examiner la capacité de la colonie à faire face à une situation de maladie du couvain et à maintenir propre les cadres de la ruche. Je prélève une partie du couvain puis je le met à congeler. Une fois le couvain détruit il est réintroduit dans la colonie. Passé 24h les abeilles doivent “nettoyer” correctement cette partie de couvain détruit en retirant les larves mortes des alvéoles.
Enfin les souches qui répondent aux trois critères principaux en plus des critères de nettoyage sont mises en concurrence par un dernier test de comptage varroa. Ne sont sélectionnés que les colonies ayant le moins de Varroa phorétiques/colonies à un moment précis de l’année, sur une base de comparaison équivalente en terme de population et d’évolution des colonies par rapport au traitement Varroa effectué auparavant.
Je travaille aussi avec certaines génétiques d’éleveurs apicoles réputés comme messieurs Reinhol Hechler, Peter Stofen et Heike Aumeïers sélectionneurs de reines Frère Adam en Allemagne ou encore monsieur Dominique Micheletto à Chypre. Toutes mes souches sont testés de la sorte y compris celles achetés chez d’autres éleveurs réputés.